27 mai 2009

Mon amoureux est chouette des fois (enfin presque tout le temps), surtout quand il me ramène dans la vraie réalité du vrai monde quand je me perds bêtement n'importe où hors du domaine raisonnable. Mon amoureux remet chaque chose à sa place. Mon amoureux recentre les choses. Ce garçon est terriblement pragmatique, ce qui peut le rendre odieux parfois, et surtout, quand il me solicite pour un conseil, j'ai envie de lui rire au nez.
Pour la vraie vie, je sais conseiller ma soeur qui est toujours à côté de la plaque, ma colloc un peu idiote, mais mon amoureux ahahah. Déjà que mes problèmes risibles sont des montagnes insolubles, alors ceux de mon amoureux... euhhhh est-ce que tu dois changer de travail ??? Euh...
(Bon, à la fin, il a fini par prendre une décision. C'était il y a un an, ça semble il y a 3 siècles.)

Je n'ai toujours pas l'absolu controle de ma vie, j'ai encore souvent l'impression de la laisser me glisser entre les doigts telle l'asticot de base.
Les choses avancent seules j'ai souvent le sentiment. D'opportunités en opportunités, le hasard joue souvent pour moi, si bien que quand je n'attrappe une éventualité, je me questionne.
Des fois, la chance est pour moi. Quand ma mère dit, le lundi "trouve toi un travail", et que le mardi, le travail arrive tout seul sur un plateau...

25 mai 2009

A chaque fois que j'entends "chômage partiel", et que les chefs d'entreprises expliquent que c'est le seul moyen de sauvegarder des emplois, je me demande comment, il n'y a pas si longtemps que ça, quelqu'un a pu croire que "Travailler plus pour gagner plus", c'était possible. Partager le travail pour que tout le monde puisse bouffer, c'est plus réaliste. Résultat, finalement, on peut dire que les plus grands utopistes sont de droite.

20 février 2009

A force de cogiter, je me dis, tiens, je ne suis vraiment pas du tout armée pour la vie. Genre, savez, j'ai grandi dans un "environnement à l'écart des nuisances". Oui, voilà, c'est ça, protégée, privilégiée, gâtée tout ça tout ça. Résultat le monde réel me fiche les jetons. Je suis pas armée pour vivre et m'assumer complètement avec 1500 francs par mois. Je suis pas armée pour remplir seule une déclaration d'impôt, souscrire un contrat d'assurance maladie, faire les bons choix professionnels ou que sais-je encore. Bref, il y a un truc qu'on devrait inventer pour les jeunes adultes mal préparés à la vie, un genre de stage de réhabilitation (ou plutôt d'habilitation tout court) pour apprendre à se démerder tout seul. Gratuitement hein, financé par l'assurance invalidité - je me sens invalide.
Notez, je pense à un déficit d'éducation parce que je me sens tout à fait capable de me faire épouser par un type prêt à m'entretenir contre de beaux enfants et de bons repas. Oui, je maîtrise la Migros à fond, je peux envisager mon propre accouchement sans m'évanouir et je cuisine bien (dixit l'une de mes colocs, pourtant avare de compliments).
Problème : ce genre de vie n'est plus trop possible de nos jours. Et sans doute que s'il y a des types qui cherchent ce genre d'épouse, je vais les trouver vraiment trop cons (autre ennui, je fréquente déjà assiduement un monsieur que j'aime, et qui ne semble pas trop désireux de m'épouser, là, maintenant, tout de suite.).
Sérieux, j'ai pas souvenir de m'être réellement, vraiment, et sérieusement déjà interrogée, de toute ma vie, sur la question de profession ou de métier. C'est trop irréel. J'ai du intégrer un jour par erreur que je ferais femme au foyer comme maman. Merde alors. Par ailleurs, j'ai toujours dit que c'était trop con de rester à la maison. Ahhaha faites ce que je dis...
Alors, que vais-je faire de ma vie ? (C'est plus l'heure de dire quand je serais grande. Je SUIS grande.
J'angoisse.

23 janvier 2009

Sous la douche, je repensais à une conversation que j'ai eue hier avec ma soeur. J'avais trouvé le terme à la recherche duquel j'avais tâtonné pendant 50 minutes. C'était le terme qui nous manquait pour s'identifier, un terme novateur qui aurait désigné une réalité sociale inexistante. Mais voilà, fière de moi, je regarde sur google, et ce terme a déjà été utilisé pour désigner la problématique qui m'intéressait. Vous savez, on classe les étrangers suivant qu'ils sont de première, ou de seconde génération. Genre, mes parents sont des étrangers de première génération, et mon frère, arrivé ici vers 3 ans, est un étranger de seconde génération. Je suis aussi de seconde génération, officiellement, et ma soeur de première. C'est des histoires d'âge, très arbitraires bien sûr, mais évidemment nécessaires pour l'administration qui ne se soucie pas des sentiments qu'on éprouve.
Le terme existe, je n'invente rien : je suis une étrangère de la première génération et demie. Euh... j'étais. Pendant une petite dizaine d'années, j'étais enfant d'expatriés. Puis je suis devenue immigrée, immigrante de la première génération et demie. Ma soeur aurait évoqué une génération sacrifiée. Mais ça m'emmerde de m'envisager sacrifiée. Je préfère me voir négligée, oubliée : loin d'un rite sacré, quoi, juste posée là et voilà, le sacrifice répond trop à une idée de but à atteindre par là.

L'étranger de la première génération et demie n'a aucun pays. Sur NOS monts laissez moi rire. L'étranger de la première génération et demie ne partage les références communes de personne. Il a des souvenirs d'enfance du pays qu'il a quitté. Il n'en comprend pas le fonctionnement, n'en a pas la culture. Il en a la famille, les parents, certaines références reproduites. Il ne soupe pas, il dîne, et ça ne changera jamais, par exemple. Par ailleurs, l'étranger de la première génération et demie n'appartient pas à son pays d'immigration, peu importe qu'il en ait pris la nationalité. Il n'en a pas la culture. Il essaie de l'acquérir, il s'y heurte. Il oscille perpétuellement entre deux systèmes de valeurs. Ses parents sont critiques. Avec la langue notamment (biais très franco-français ici), il ne doit utiliser le parler régional. Préserver la belle langue en somme. Sûrement que l'étranger de la première génération et demie se doit de rassurer ses parents. Oui oui, on est à la maison. Pour faire un véritable étranger de première génération et demie, il ne doit pas fréquenter l'école publique.
Pendant ce temps, l'étranger de deuxième génération peut adopter un bon accent local et on ne lui dit rien. Il s'intègre, on dit, comme la confirmation que certains ont droit, d'autres non. Pour rassurer.
L'étranger de première génération et demie est un test. Où ira-t-il, que fera-t-il ? Personne n'en sait rien, et le résultat n'est intéressant qu'en vue de critique. Ses parents demanderont à l'étranger : "Mais pourquoi n'as-tu pas fait une grande école, au pays ?". Simplement parce qu'on ne lui en a jamais parlé. Le système scolaire du pays, il n'y connaissait rien. Et d'ailleurs, même s'il avait voulu, il n'y aurait jamais été admis. Il a fait ce qu'il connaissait, l'étranger. Ce dont on lui parlait. La seule voie envisageable, je vous assure. Il a passé son bac et il a eu 12. Il a étudié à l'université. Il n'a pas fait de prépa, il n'a pas passé de concours, il n'étudie pas dans une grande école de commerce. On ne lui en avait jamais parlé, avant que tous les cousins, au pays, prennent cette voix.
Il est hors de trois nations l'étranger de première génération et demie : l'ancienne, la famille et la nouvelle. C'est la triple contrainte de l'étranger de première génération et demie : il sera obligatoirement en contradiction avec les normes du pays d'origine, avec les références familiales basées sur les normes du pays d'origine, et avec celles du pays d'accueil : "Pourquoi étiez-vous dans une école privée ?". Hahaha. Voilà.
L'étranger de première génération et demie est jaloux. Il est jaloux de l'étranger de seconde génération. Il est jaloux du non étranger, qu'il soit du pays d'origine, ou du pays d'accueil. Il est même jaloux de l'étranger de première génération (ou il lui en veut).

Voici le contenu de ma névrose. J'y pense depuis un certain temps.
La vie en résidence d'étudiants expose souvent à la question d'où tu viens ?
Je ne sais pas y répondre.

14 octobre 2008

Jolie résolution bien tenue : je n'écris pas plus. J'ai pas le temps. Je ne prends pas le temps. Le temps file dans le train ces derniers jours : un week-end à Paris avec V. pour mon anniversaire. Très chouette. Deux jours, c'est court mais terriblement dépaysant. Deux jours à Paris sans mettre le pied dans le moindre magasin : pas facile. Tour Eiffel, Louvre, Arc de Triomphe, Notre-Dame, Sacré-Coeur et recueillement sur les tombes de mes hamsters près de là où j'ai vécu quatre ans. Remettre des images de la réalité sur des vieux souvenirs : ça fait treize ans maintenant, et même si cette période de ma vie ne représente presque rien à l'échelle des années accumulées jusqu'à ce jour, c'est quelque chose de revoir la porte de mon école primaire. J'étais heureuse ces années-là, ces années-là qui semblent pourtant être à l'origine de toute la tristesse qui empoisonne lentement mais sûrement ma pauvre maman.

Je dis ma pauvre maman. Je la plains. J'aime mieux la plaindre que lui en vouloir. Je crois qu'elle n'y est pour rien. C'est peut-être le début du pardon. J'aime bien m'imaginer magnanime, même après tout le mal qu'elle fait, sans conscience, bien sûr.
Je prends conscience en même temps de tout le mal que nous pouvons faire aussi, ma soeur et moi surtout, à juger, à analyser sans cesse quelque chose dont des éléments essentiels nous échappent sûrement.

Ils sont heureux comme ça. Ok.
Mon père dit : "Le chalet est une maison de famille." Ma mère dit : "Je ne veux pas que les filles viennent dans mon chalet.".
Ma mère dit : "Les filles, je ne m'occuperais pas de vos enfants." Mon père dit : "Je me réjouis d'aller me promener avec mes petits-enfants.".

Le passé n'était pas chouette... et l'avenir promet ! Et voilà, je juge encore.

Ma mère est malade. Et j'vais vous dire, en fait, j'm'inquiète. Mais la dernière fois que je l'ai dit, je m'en suis pris plein la gueule. Et puis, c'est dur de s'inquiéter sans le faire en comparaison avec sa propre échelle de ce qui est bien, ou pas. Donc faut laisser tomber.
Est-ce qu'elle nous déteste ? Est-ce qu'elle ne sait aimer personne ? Ou est-ce qu'elle ne sait pas le montrer ?

Bref. Moins je rentre à la maison, mieux je me porte. Et ça m'emmerde. J'ai envie de douceur. Pas de hurlements. Plus jamais de hurlements.

16 septembre 2008

Résolution de la rentrée : mon cahier, mon stylo, et quelques lignes tout les soirs.
Voir les mots naître sous la plume est toujours aussi doux. C'est l'apaisement du soir qui me manquait.
Je ne pourrais pas trop parler d'ici. Où j'habite est évident, il suffit d'une photo. Connaître l'étage, la chambre, c'est plus difficile, mais pour l'étage, une photo de la couleur du mur de gauche, et le tour est joué. Bref. Encore faudrait-il que mes charmants voisins passent par ici. Mais je tiens toujours à ma discrétion.
Une année seule, ça m'a pesé, mais ça m'a aussi beaucoup appris. Je sais que je survis seule, mais que je déteste ça. Il m'a sans doute fallu ça pour réussir à aller vers les autres aujourd'hui. Des fois j'aimerais, puis après 10 minutes je n'aimerais plus, partir. Juste un semestre peut-être. J'aimerais l'Angleterre, mais je n'aimerais pas devoir prendre l'avion pour y aller... Il y a moyen de faire sans, c'est vrai...
Et puis je suis déjà tellement... vieille ! Je commence à accuser mes années, si si, j'vous jure, l'âge marque mon visage : il y a une éternité qu'on ne m'a plus demandé ma carte d'identité pour acheter des cigarettes, et la dernière fois qu'un colporteur a sonné à ma porte en me demandant : "Ta maman ou ton papa sont là ?" remonte au moins au printemps dernier. Je vais avoir 23 ans, et je ne commence que ma seconde année de bachelor ! Que de temps perdu... (Ou que de temps gagné d'adulescence lente et tranquille ; quel luxe, quelle chance de pouvoir grandir lentement, très lentement. Ce temps que les circonstences m'ont offert, je devrais l'utiliser mieux. Oser plus.)
A 15 ans, j'ai toujours dit, j'avais dix ans d'âge social... 5 de moins, qui nous ferais 19 aujourd'hui... 19 ans ? Non, sûrement plus. La petite demoiselle ma voisine a 18 ans, et je me sens infiniment plus âgée qu'elle, sur tout les plans.

J'ai répondu au pauvre con qui m'a écrit pendant que j'étais en vacances. Il disait que ça lui manquait de plus coucher avec moi. Je n'aurais pas du lui écrire, mais pourtant, il fallait qu'il le sache que ma vie est beaucoup plus belle sans lui qu'avec, et que franchement, s'il pouvait ne plus m'écrire, ça serait vraiment chouette. Il a réécrit mais je ne lui répondrais pas. Jamais. Je le déteste d'avoir un genre de nostalgie de cette époque : moi je regrette que ces moments aient existé, et si j'éprouve une certaine tendresse face à cette jeune fille que j'ai été à 17, à 18 ans, je n'ai pas de compassion pour l'idiote de 19 ans que j'étais, qui se croyait adulte, tellement femme dans les draps de ce connard. Je pensais vivre des choses extraordinaires, alors que j'étais juste son esclave sexuelle consentante.
Et je le déteste d'oser écrire : "Je suis bien désolé que les choses en soient arrivées là, mais ça ne change pas, du moins, pour ma part, le bien que je pense de toi !". Le bien qu'il pense de moi ? Ah aha ahahhaha... Je me demande vraiment si c'est normal de traiter les gens dont on pense du bien comme il m'a traitée..

15 septembre 2008


J'ai déménagé : la vue est aussi chouette qu'avant.

J'ai perdu la proximité du centre-ville, mais je gagne en compagnie... et c'est bien plus agréable de souper en bonne compagnie. Bien sûr, on est en pleine phase de découverte les uns des autres, et évidement, tout le monde est super sympa, intéressant, propre et ordonné... Mais sur 8, il va bien falloir que quelqu'un foute le bordel, et qui sait, ça sera peut-être moi !

Demain retour en cours, avec un programme un peu plus chargé que l'année dernière. Tant mieux, moins de temps pour s'ennuyer, pour ruminer...
Depuis 3 jours que je vis vraiment ici, je m'épate pas mal, j'arrive à parler à tout le monde, je n'attends pas qu'ils soient tous partis pour aller me faire à manger, non non. Une certaine évolution se fait sentir.

16 juillet 2008

J'ai réussi mon examen de sémantique.
J'ai réussi tous mes examens du premier coup. Pour l'année, ça nous fait deux 4, trois 4.5, trois 5, deux 5.5. Disons que c'est mieux que passable, mais pas génial non plus. Mais je suis plutôt satisfaite. J'ai eu 5 à un oral d'histoire qui m'avait semblé catastrophique : le prof m'avait lâché après 20 minutes au lieu de 30, et je pense bien que je n'ai pas parlé plus de 5 minutes. J'étais très négative en sortant. 4 en sémantique : rien de surprenant. J'étais vraiment sûre de passer mes vacances à tenter de m'y retrouver.

L'Île de Ré ? Un long voyage : montée dans le premier train à 05h26, sortie du bus à 18h30... histoire d'éviter un changement de gare à Paris. Voyager totalement absente suite à une nuit d'environ trois heures, c'est pas plus mal. J'avais l'impression que cette journée n'existait pas, ce qui me dispense du sentiment de l'avoir perdue.

En arrivant, pas de comité d'accueil : notre grand-mère est arrivée quatre jours plus tard. La maison vide, pas de tables compliquées à mettre (dès qu'on dépasse couteau-fourchette-cuiller en unique exemplaire, j'ai du mal), manger des knackys au ketchup avec des pâtes au beurre et à l'emmental français (on dirait du plastique). C'était régressif, mais pas tant : en conduisant la voiture de bonne-maman on se rend compte qu'on est vraiment passé de l'autre côté.

Plus tard, après ces jours de calme, on a sans doute trop parlé. Laissé échapper des bribes qui révèlent une tristesse que les autres nient. Celle de ma mère. On a entendu dire partout que non, que notre mère n'était pas malheureuse, qu'elle avait toujours vécu à distance de sa famille, qu'elle n'avait jamais eu vraiment d'amis et qu'elle détestait rencontrer des gens. On nous a dit que depuis ses 17 ans (depuis qu'elle est avec notre père) elle ne vit que pour lui, et qu'ils sont tous les deux pareils, et sans doute heureux comme ça, sinon ils changeraient.

Tout le monde nous l'a dit : "Votre mère est terriblement intelligente.". Mais aussi, elle a été bonne élève jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de classements et de prix d'excellence. Et puis, si son père a refusé qu'elle aille à l'université, c'est parce qu'elle avait redoublé tant et plus au lycée. Je ne veux pas juger. Je n'y étais pas, je n'en sais rien. Je sais juste que pour ma mère, c'est une souffrance bien souvent exprimée. On nous dit encore que c'était à cause d'elle que sa soeur aînée a fait une dépression qui la laisse aujourd'hui encore fragile.
Des bout d'épisodes de vie, mélangés, transformés : trop d'années sont sûrement passées.
Ma mère souffre et j'en suis certaine. On m'a dit à la fois d'essayer de m'en dégager, que je ne dois pas laisser cela me peser... mais malgré tout qu'il est de notre devoir de ne pas laisser nos parents dans leur solitude. Tout et son contraire.

On aurait limite besoin d'une grande thérapie familiale sur trois générations.

Pour ma part, il y a une chose dont je suis sûre et que je ne veux jamais oublier : la compagnie d'autres êtres humains m'est infiniment précieuse. J'ai beau être timide et réservée, j'ai besoin des autres, de plusieurs autres pour m'épanouir. Je le garde en tête. Tout seul on dépérit, et plus on le reste, moins on arrive à s'en sortir.

Ma mère a bousillé les liens qu'elle avait avec ses quatre soeurs en ne les entretenant pas. C'est irréparable et ça blesse des deux côtés.

26 juin 2008

Jeudi 26 juin, 13h54. Assise devant l'ordinateur en culotte et soutien-gorge. 28° selon mon thermomètre, les volets baissés et les fenêtres toutes ouvertes. Ce serait l'heure de manger, mais j'ai pas faim. Ce serait l'heure de faire le ménage, mais j'ai pas envie. Un type vient visiter mon appartement dans deux heures. Quand c'est des hommes, je me fais des films incroyables, et j'ai peur. C'est con. Pourtant, si j'y réfléchis, je suis persuadée qu'il ne m'arrivera rien.

Le supermarché ne m'a pas engagée. Je m'en fiche un peu. Autant profiter de l'opportunité, du soleil et de l'été. Dans 48h, je serais déjà à la gare de Nantes. Rien n'est prêt. Je pars avec ma soeur samedi par le train de 05h26. On arrivera chez ma grand mère entre 18 et 19h.

Retourner à l'Île de Ré. C'est une idée de ma soeur. J'y suis allée pour la dernière fois en 1998. La France était championne du monde de foot. J'avais 12 ans. J'étais totalement déséquilibrée. J'imagine que tout le monde le savait. Moi pas.

Pendant mes 12 premières années, on y est allés souvent. Et puis, plus du tout. Depuis la Suisse, ça fait un bout.
J'appréhende de confronter mes jolis souvenirs enfantins à une réalité qui me dégoûtera sûrement.

Mais même si la plage ne ressemble plus à dont je me souviens, le soleil, le sable et la mer restent toujours ce qu'ils sont. Et si les mondanités m'assomment, le plaisir de voir la famille reste aussi...


Je serais pas revenue pour les résultats des examens. J'ai pas encore rangé mes cours, trié tout ça. Je vois rien de plus chiant. Je dois bien avoir un formulaire ou deux à remplir pour l'uni. Il faut que je résilie mon abonnement à internet. Que j'aille rendre et chercher des livres à la bibliothèque. Que je fasse ma valise. Ma grand mère a dit : "Prenez un pantalon blanc, pour si jamais on a des invitations.". Ahah. J'ai beau fouiller mon armoire, je ne possède qu'un jean. Et il est bleu. Ou gris foncé quand il a pas vu la machine à laver depuis un moment. Elle devra bien faire avec...

Lessive et repassage encore. Promenade et soleil s'il me reste du temps.

10 juin 2008

Je ne suis pas malheureuse. Je suis juste insatisfaite. Il me faudrait toujours plus, toujours mieux. Mais le problème, c'est que je ne me donne pas les moyens d'obtenir tout ça. Je râle et je me plains, mais je ne bouge pas. C'est faute d'essayer. Si je travaillais quand il le faut, comme il faut, j'aurais plus de temps pour faire des choses qui m'apportent un petit bonheur.

V. a eu une phrase magnifique hier. Je suppose qu'il pense ce qu'il dit, sinon ça n'a aucun sens. (C'est étonnant comme j'ai peur que les choses n'aient aucun sens.) A V., je disais que je me sentais coupable de lui imposer une relation à distance qui n'était sans doute pas ce qu'il souhaitait. Et il a répondu simplement que mon épanouissement professionnel était le plus important. Ce qui est bien avec V., c'est qu'il remet toujours l'église au milieu du village. Mais parfois, c'est d'une façon tellement rationnelle que ça ne comble pas mon désir de déchirements passionnels et de dilemmes sentimentaux tragiques. On le dirait parfaitement détaché de tout sentiment, mais il semblerait qu'il soit simplement altruiste et qu'il pense à moi avant de se soucier de ses propres désirs. J'imagine que c'est ce qu'on devrait tous souhaiter. Cependant, moi, ce dont j'ai peur, c'est qu'à force d'altruisme, rancœur et frustration prennent la place et qu'il ne reste plus rien qu'une haine tenace.

Alors voilà. C'est le couple du garçon mutique et philosophe et de la fille névrosée et chroniquement insatisfaite. Notez que chacun, je le crois, veut le bonheur de l'autre. Je crois juste qu'il a compris un truc qui me dépasse : moi j'ai ce genre d'égocentrisme qui me pousse à croire que je dois tout faire pour essayer de le rendre heureux, comme une mission divine, tandis qu'il a compris que chacun est l'artisan de son propre bonheur.

Il existe peut-être une main invisible du bonheur. Si chacun s'occupait de lui dans son propre intérêt, on arriverait peut-être à créer le bonheur général.

(J'espère avoir réussi mon examen d'économie.)

09 juin 2008

Melle Luce s'est encore monté tout un scénario stupide, imaginant, après avoir débilement lu les sms du téléphone de son amoureux, que celui-ci la trompait avec des hommes mariés.

Si, j'vous jure, j'y ai cru dur comme fer. J'en aurais juré. C'était une évidence.
Ahah. La honte. Heureusement que j'arrive à lui en parler avec intelligence, et à me rendre compte que vraiment, mais alos, vraiment, mon cerveau a une fâcheuse tendance à s'emballer.
J'en étais malade de jalousie, du sentiment d'être trahie...
Maintenant je suis malade de honte. Il me faudrait un petit trou tout petit où m'enfermer en attendant que ça passe. Si ça peut passer.


07 juin 2008

"Alors que les prix du pétrole brut ont fait vendredi à New York un bond de 10,75 dollars pour terminer à un record de 138,54 dollars le baril, les Etats-Unis et les puissances asiatiques se sont dits "très inquiets" samedi. " TSR.ch

C'est risible. Ça serait risible si c'était pas si grave.

Y'a tellement longtemps qu'on le savait, que ça se terminerait mal avec le pétrole, bien plus mal qu'une marée noire.

Et qu'est-ce que les gens qui ont le pouvoir ont fait de concret pour tenter de lever cette dépendance ?

Et nous autres ?

C'est pas grave. Fermons les yeux. Oublions. Coup d'envoi du premier match de l'euro dans 3 heures.

06 juin 2008

Tout à coup ça m'a prise. J'ai voulu regarder si, par un hasard surprenant, les résultats de l'examen de latin de cette semaine étaient visibles. Je ne les attendais pas si tôt.

Et je ne m'attendais vraiment pas non plus à avoir réussi. Et pourtant ! J'ai même bien réussi puisque j'ai su rattraper la pénalité héritée de l'examen du premier semestre.
Je vais aller me coucher dès que l'euphorie se sera dissipée, en attendant je valse sur mon parquet avec mon gros hippopotame en peluche rose. Il a l'air tout heureux, comme à son habitude. C'est que l'heure ne se prête pas tellement à répandre la bonne nouvelle à grande échelle.

Allez. La semaine de révision s'est terminée, parsemée quand même de trois examens. Lundi, les deux semaines de la session d'examen commencent, avec seulement deux examens. Il y a dans cette université une absence de logique assez déconcertante. Le gros du stress est passé.

Et j'ai réussi mon examen de latin. Que demander de plus ? Ah oui, d'avoir réussi celui de sémantique (dont je n'ai pas encore la note)...

Des deux examens restants, il n'en reste qu'un qui nécessite de travailler. Encore quelque jour pour assimiler la matière et puis ce sera fini !

31 mai 2008

L'examen de sémantique fut une vraie catastrophe. J'imagine, en étant optimiste, c'est dire, que ma note tournera autour des 2.5 (sur 6). Je suis bonne pour le repasser en septembre. Pourvu que ce soit le seul.
Je me suis renseignée. Il semblerait, après questionnement au secrétariat et consultation compulsive de tous les règlements que j'ai pu trouver, qu'en fait je puisse repasser mes examens sans autre, malgré mes échecs passés.

Je n'aime toujours pas la sémantique, mais les commentaires sur ma dernière note m'ont fait revoir mon jugement sur l'inutilité de la branche. (Merci !) C'est un cours vraiment basique que nous avions, beaucoup de terminologie pour peu de réflexion. La première moitié était vraiment pénible, mais sur la fin ça avait déjà beaucoup plus d'intérêt. J'ai bien rangé mes notes, prêtes à être ressorties dès le verdict. Je suis prête à bosser ça deux heures par jour pendant toutes les vacances, après le boulot si j'ai la chance qu'une Grande Surface quelconque finisse par répondre à ma candidature.
J'ai au moins appris une chose : aussi chiant que soit le cours, aussi horripilant soit le prof, les mots fléchés doivent rester à leur place, et les oreilles ouvertes.


J'ai décidé de déménager. Je vais quitter mon studio pour aller vivre en collocation. Où et avec qui, je n'en sais encore rien. J'ai quelques mois pour trouver un nouveau pied à terre.

Je vais visiter quelque chose ce soir, on verra bien ce que ça donne.

J'étais pas prête pour la collocation il y a un an. Maintenant j'ai envie de vivre avec du monde, de faire encore plus de nouvelles connaissances... J'ai envie que ce soit vivant.


Je me sens infiniment mieux qu'il y a un an. Je me souviens, dans mon hôtel d'Annecy, à repasser mon bac pour rien...
Ce semestre a été aussi 150 fois plus épanouissant que le précédent. Il faudra sans doute remercier D. et les gens géniaux dont elle sait s'entourer.

Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai l'impression d'avancer.

Je ne fais pas de très bonnes notes à mes examens. C'est sans doute comme la vaisselle après chaque repas : un univers qui m'est inaccessible. Mais tant que ça passe. Faudra juste travailler un peu plus l'an prochain. Plus régulièrement, plus assidûment, plus activement.
On a eu ces deux travaux pratiques à rendre, une interview et un commentaire, et je m'en suis sortie avec un "très bien" à chaque fois ( il n'y avait pas de notes, ce qui est bien dommage, deux 6 ayant pourtant pu influencer ma moyenne d'une fort bonne manière). C'est pas que ça m'ait demandé beaucoup de travail, mais c'est toujours une certaine fierté d'avoir su faire ce qu'il fallait.

Actuellement, avec cet article, la page d'accueil de ce blog contient toute ma première année d'université. Du début, à la fin. Ou presque. La vraie fin, ce sera les résultats des examens.

26 mai 2008

J'ai pris une grande résolution – non, pas de faire la vaisselle au fur et à mesure : ça c'est définitivement impossible pour moi – juste arrêter de me prendre la tête au sujet de monsieur V.. Je ne garde que le positif. Je lui écris trois sms par jour, je suis tendre si ça me chante, je lui envoie une carte idiote si ça me fait rire, et surtout, j'arrête de vouloir à tout prix qu'il ressente tout comme moi, j'arrête d'attendre qu'il exprime des choses si c'est pas l'heure de les dire.
Et surtout, je comprends qu'il faut avancer, que notre relation ne pouvait pas rester figée sur ce qu'elle était au début. Le début, c'est tout beau tout neuf. Ses défauts, je ne les voyais pas ; il cherchait sans doute en permanence à me plaire, comme je le faisais, si bien que ni lui ni moi n'étions vraiment sincères. Disons, maintenant, on est passé du rêve à la réalité. J'ai pas tellement envie de me résigner, j'ai envie que ce soit toujours hyper chouette d'être ensemble. J'voudrais qu'il m'aime comme dans les films, comme dans les livres...

Des jolis moments, on en vit encore. Chez les Suisses allemands le week-end dernier, c'était bien. Et ça sera sans doute bien sur le bateau cet été...

J'arrête de penser à lui sans cesse et je bosse pour mes examens. Pour aujourd'hui ça a bien marché, et pourtant, niveau emmerdement, la sémantique, ça fait le poids. J'y comprends rien, je comprends pas pourquoi des gens décident d'étudier la linguistique et de faire de grandes théories sur la signification des mots ou des phrases, alors j'apprends par coeur, ce qui rend la chose encore plus pénible. Mais j'arrive pas à faire autrement. Il doit manquer une case à mon cerveau. Ce cours imbécile m'a donné l'impression de brasser du vent pendant tout le semestre. Si quelqu'un peut m'expliquer... (Si le prof avait commencé par expliquer pourquoi il trouve la sémantique, ou la pragmatique amusantes j'en serais peut-être pas là aujourd'hui. (Et non, c'est absolument pas du tout de ma faute si j'ai passé ses cours à faire des mots fléchés. (Oui, j'ai le droit d'être de mauvaise foi.)))

25 mai 2008

Tu ne m'as jamais autant manqué que la semaine dernière. Physiquement, beaucoup. Le printemps, les hormones, que sais-je ; j'avais si peu apprécié de rentrer après minuit dimanche passé et d'aller au lit comme deux petits vieux, sans la moindre caresse, parce qu'il faut se lever demain.
J'ai la nostalgie de quand nous étions jeunes, ou de quand notre amour était jeune. Quand on dormait trois heures par nuit, quand se séparer deux jours était une déchirure, quand tu ne disais pas beurk au moindre de mes baisers, quand je m'endormais dans tes bras.
Bref, la nostalgie de l'époque où je ne me demandais jamais bien sérieusement si tu m'aimais.
La nostalgie de l'époque où tu disais je t'aime.
Je crois que tu m'aimes, parce qu'autrement tu serais loin. Mais je ne comprends pas pourquoi tu ne sais plus le montrer.

J'ai peur qu'on soit coincés dans une petite vie étriquée, et qu'on ne sache pas s'en libérer. J'ai peur qu'on ait plus d'avenir ensemble – je ne sais pas si on en a jamais eu un. J'ai peur que ta plante verte crevarde soit la métaphore de notre amour : luxuriante il y a deux ans, à l'orée de la poubelle aujourd'hui.

Si je croyais que ça ne sert à rien, je serais loin. Mais il y a cette braise sur laquelle il faut que je souffle, encore et encore... Je finirais probablement par me lasser.

Pas tout de suite.

23 mai 2008

Tu m'manques.
Je ne te le dis pas, ça n'a pas de sens puisqu'on se voit demain. Tu ne comprendrais pas.
J'ai besoin de te voir, de t'entendre, de te toucher, de t'embrasser, de te faire l'amour et des câlins. J'ai besoin de t'avoir à moi un moment. De te raconter tout et n'importe quoi. Mon B-TB en travaux pratiques - je suis comme une gamine avec mes notes quand elles sont bonnes, l'anniversaire de M. hier soir, la petite sortie d'avant-hier. J'ai besoin de te dire des conneries pour te faire rire, de te raconter toute la semaine, parce que je ne sais pas si tu as remarqué, mais on s'est pas "parlés" depuis mardi...
Et puis chais pas où t'es.

Et ça, ça m'emmerde.
C'est surtout ça qui m'emmerde, même si le reste est bien réel.


(Dans une autre vie, ni jalousie ni paranoïa, merci.)


(Nouveau thème obsessionnel : Mon mec me manque et je me plains.)


20 mai 2008

Quand mon portable sonne à 23h, et que justement j'ai envie de lui parler, je crois un instant, très naïvement, et d'autant plus que c'est fréquent, que c'est lui qui m'appelle.

C'est juste l'alarme qui me rappelle de prendre ma pilule.

Ahah.

...


[Et j'en ai marre. Il persiste à ne plus jamais me dire qu'il m'aime, et quand je lui demande s'il m'aime il répond que oui bien sûr. Et il ne comprend pas que les 70km qui nous séparent ne doivent pas être le prétexte à une telle indifférence qui ne se réveille que lorsque je ne suis plus capable de cacher mes doutes et autres angoisses.]

06 mai 2008

Tranquille ce petit oral de latin...

La chance m'a accompagnée pour une fois : je suis tombée sur le sujet le plus facile possible. Une petite comédie latine à raconter, un petit topo sur la vie quasi-inconnue de l'auteur, quelques mots, pour situer sur le contexte. Et voilà, ok, c'était très bien.


Bon, maintenant, c'est pas de tout, restent encore 7 examens et deux trucs à rendre...

05 mai 2008

A Petit Pierre :


S'il y a quelqu'un que je regrette, de mon année de Terminale, c'est toi.



C'est l'effet : "je veux rien foutre, alors je suis allée jeter un oeil sur mon ancien très vieux blog..."



Et.

Merci, les gens qui étaient là.